Cannabis thérapeutique

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Ces derniers temps, vous avez certainement entendu parler grandement du Cannabis thérapeutique. Et non sans cause puisqu'il s'agit d'un débat au centre de toute les attentions ces 2 dernières années.

  • Qu'est-il réellement
  • Pour quel usage le conseiller
  • Que savons-nous sur lui exactement
  • Quand sera-t'il disponible sur le marché
  • sera-t-il en vente libre ou sur ordonnance

Retour dans cet article sur les questions fréquente que vous nous avez posés !

Le Cannabis thérapeutique, tout d'abord qu'est-ce dont ?

Largement plébiscité ces derniers temps, le cannabis thérapeutique se trouve au centre de toutes les attentions. Scientifiques, médias, et même le gouvernement se sont emparé du sujet.

Et pourtant, au siècle dernier encore le cannabis a subi une prohibition progressive qui a mené à la disparition totale de ce produit sur le marché. De nombreuses législations transnationales sont signées à partir de 1930 mais ce n'est qu'avec la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 qu'une harmonisation a lieu dans le cadre de l'ONU. Cette convention à inclue le cannabis dans les substances contrôlées dans le tableau IV. C'est-a-dire celui des substances soumises aux contrôles les plus sévères. Ce n'est qu'à partir de 1964 qu'un chimiste du nom de Raphael Mechoulam devient un pionnier de son utilisation médicale et permet la relance de l'intérêt médical de ce produit dans les laboratoires internationaux.

L'usage médical du cannabis redevient de plus en plus toléré de nos jours. Voire légal dans un nombre grandissant de pays. ( Le Canada, l'Australie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la République Tchèque, la Roumanie, la Finlande, le Chili, la Colombie, Israël et aux États-Unis dans 23 États ainsi que dans la capitale fédérale. ) La France quant à elle, ne s’intéresse qu'au bien fait et à une potentielle légalisation depuis seulement deux ans.

Mais donc, quelle différence avec le cannabis dit "classique" ou du cbd ?

Le cannabis thérapeutique,  (appelé aussi cannabis médicalmarijuana médicale ou marijuana thérapeutique) désigne le Cannabis sativa (désignation botanique du chanvre). Il n'y a pas de différence avec le cannabis tel que l'on le connaît aujourd'hui. Excepté bien sûr un encadrement beaucoup plus strict concernant son mode de production et d'exploitation.

Ce qui pose réellement problème, c'est la forme sous laquelle le produit pourrait être vendu.

[caption id="" align="alignright" width="299"]Sativex article m2j cannabis thérapeutique Médicament Sativex[/caption]

Directement liée au problème du cannabis récréatif d'après certains, la situation nationale du cannabis médical n'est pas sans rappeler celle de la morphine. Jusqu'aux années 90 en France, cet opiacé dérivé du pavot aux propriétés connues depuis le 19e siècle était boudé par les professionnels de santé en raison de sa proximité avec des drogues prohibées, l'héroïne et l'opium... alors qu'il était largement utilisé chez nos voisins.

Certains médicaments à base de cannabis sont pourtant déjà présents sur le marché Français. On pense notamment au Sativex, qui fut le premier à pouvoir commercialiser ce genre de produit. Mais toujours sous forme de pilule. D'autres produits existent mais n'ont toujours pas d'autorisation de commercialiser en France. Comme le Bedrocan, le Marinol ou le cesamet commercialisé dans plusieurs pays d'Europe.

Contrairement au CBD, le cannabis thérapeutique contient un fort taux de thc. Ou en tout cas supérieur au 0,2% maximum autorisé par la loi concernant le cbd. C'est la que réside la différence entre ces produits.

Et pour quel usage ?

Les bienfaits du cannabis au sens large sont connus et répertoriés depuis des décennies. Et les études récentes ne cessent de confirmer ou d'apporter de nouveaux éléments aux recherches déjà effectuées. l'Association Internationale pour le Cannabis Médical répertorie d'ailleurs plusieurs propriétés bénéfiques dont notamment :

Comme indiqué plus haut, les efforts scientifiques dans ce domaine ne cessent de progresser. Comme en témoignent l'importante évolution du nombre d'études réalisées ces dernières années. ( voir graphe )

[caption id="" align="aligncenter" width="625"]graphe m2j cannabis thérapeutique Graphe des études concernant le cannabis[/caption]

Le cannabis thérapeutique n'a donc pas fini de nous surprendre. Des études tendent à montrer d'ailleurs les bienfaits d'avantages importants que ce dernier pourrait avoir sur nous. ( malades en phase terminale et douleurs chroniques résistantes aux traitements traditionnels )

Le cannabis thérapeutique sera-t-il légalisé ?

La situation en France est plutôt complexe concernant le sujet.

Comme indiqué plus haut, le chanvre a été retiré de la pharmacopée mondiale dans un contexte de prohibition internationale de son usage récréatif. Depuis, les chercheurs redécouvrent progressivement son usage médical. Le Marinol et le sativex sont les seuls dérivés utilisés en France. Et uniquement par l'intermédiaire d'une procédure particulière (une Autorisation Temporaire d'Utilisation nominative). Procédure qui est rarement connue et encore plus rarement utilisée par les médecins. Seuls 63 patients en ont bénéficié depuis 2001, alors que les bénéficiaires potentiels se compteraient par milliers !

Et pourtant, cela fait maintenant deux ans que la réflexion a commencé à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Cela fait suite à la demande de la précédente ministre de la santé, Agnes Buzin.

Dans les faits

En octobre, cela fera un an déjà que le député, et actuel ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, présentait devant l’Assemblée nationale ce qui est devenu l’article 43 de la loi N°2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la Sécurité sociale pour 2020. Un article donnant la possibilité à l’Etat d’autoriser, dans le cadre d’une expérimentation de politique publique, l’usage médical du cannabis sous la forme de produits répondant aux standards pharmaceutiques. Mais là encore, l'Etat traîne les pieds.

Une étude portée sure a minima 3000 patients souffrant de douleurs chroniques neuropathiques, de contractions musculaires douloureuses ou d'autres formes de maladies, devait avoir lieu. Mais impossible de mettre cette expérimentation en place. En effet, Le décret d’application de cet article 43 est attendu depuis plusieurs mois. Et il n'est pas possible de mettre en place l’expérimentation sans ce décret. Et pourtant, l’accès à ces médicaments a été jugé scientifiquement pertinent dès décembre 2018 par le premier comité scientifique de l’ANSM. L’objectif principal de cette expérimentation n’est autre que de valider le circuit de prescription et de dispensation de ces médicaments.

Autant dire que la procédure risque d'être encore longue. L’expérimentation doit néanmoins être fixée à janvier 2021 si la date n'est pas reportée à nouveau.

Une mobilisation du milieu ?

Le sujet a fait la une des médias ces dernières semaines.

Médecins, sociétés savantes, associations ont dévoilé une tribune dans laquelle ils demandent au gouvernement de tenir ses engagements en mettant en place dès janvier l’expérimentation du cannabis à usage médical. Craignant un nouveau report de la mesure et « face à la souffrance des patients », écrivent-ils, ils interpellent le gouvernement. « Nous attendons des décisions politiques fortes et rapides, des engagements tenus. » pouvons-nous lire.

Cette tribune, dont fait partie "France assos santé", redoute les réelles intentions du gouvernement à mettre en place ce projet. « Le report répété du début de cette expérimentation, faute de décret d’application, suscite actuellement un questionnement sur la volonté politique de le mettre réellement en place », écrivent les signataires, pour qui ce retard « crée de l’anxiété, voire de la colère, chez des patients déjà en souffrance physique et psychique et en attente de solutions complémentaires ». Les signataires craignent également une "étude low-cost" ou l'absence même de cette expérimentation par manque de budget.

Si le cannabis thérapeutique devait être autorisé en France au terme des deux années de l’expérimentation; Nicolas Authier, Médecin psychiatre, spécialisé en pharmacologie et addictologie estime qu’« à court terme ce sont rapidement entre 80 000 et 150 000 patients » qui pourraient demander à en bénéficier.

Comment pourrais-je me procurer du cannabis thérapeutique ?

Le cannabis thérapeutique ne sera disponible qu'exclusivement sur ordonnance. Il s'agira bien entendu d'un médicament qui ne sera pas disponible en vente libre.

Interrogé samedi 5 septembre sur BFM-TV, le ministre de la santé, à l’origine d’un amendement sur ce sujet dans le dernier budget de la sécurité sociale, a déclaré : qu’il ne souhaitait « surtout pas » que les Français considèrent le cannabis thérapeutique comme « un pied dans la porte » vers le cannabis récréatif et a assuré que l’expérimentation « qui verra le jour dans les prochaines semaines ou dans les tout prochains mois (…) permettra de soulager des milliers de malades qui ont des douleurs incurables ».

Très peu de chance donc de voir le cannabis se légaliser de manière définitive dans les prochains temps.

En attendant, il y'a le cbd

Pour beaucoup c'est du déjà vu. Mais pour ceux qui ne connaissent pas, il est toujours bon de faire un rappel !

Le cbd ou (cannabidiol) est une molécule faisant partie de la famille des cannabinoïdes. À l’instar du THC, c’est une substance active présente dans le plant de chanvre; (dont on tire la résine de cannabis). On le trouve en quantités moindres que le THC (entre 0,6 et 1 %, contre Notamment); notamment en raison des choix de production faits ces dernières décennies. Le CBD contrairement au THC, n'a pas un profil psychoactif. C'est-à-dire qu'il ne provoque pas le "high" réputé du cannabis "classique".

Mais aujourd’hui, alors que les atouts médicaux du cannabis attirent de plus en plus l’attention; Il existe des variétés produites spécifiquement pour contenir des niveaux importants de CBD. Il est ainsi possible de trouver des graines de cannabis (à visée médicale) ayant plus de 6 % de CBD. Ce qui est énorme… Et assez rare. Une concentration de 1 % est largement suffisante pour couvrir les besoins des patients, le CBD s’avérant très efficace.


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